Est-il possible de co-construire les politiques associatives ?

Cet article a été publié pour la première fois au sein du numéro 584 de Juris Associations en septembre 2018, dans le cadre d'un dossier intitulé "Quel est l'état des relations entre collectivités locales et associations ?". Il a été écrit par Pierre Yacger, président du Mouvement associatif rennais.

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Le Mouvement associatif rennais (MAR)2 représente les associations auprès de la ville pour la « coconstruction d’une politique municipale vis-à-vis des associations rennaises », selon les termes de la charte des engagements réciproques signée en 2006. Mais que recouvre cette notion ? La ville de Rennes mène des actions de soutien à la vie associative et s’appuie sur des associations pour mettre en œuvre ses politiques. Mais peut-on parler de « politique associative » au vu de la diversité des relations en question ? Cette question se pose d’ailleurs pour toutes les collectivités. De plus, la ville avait parfois tendance à dépolitiser ses actions de soutien à la vie associative. La mise en place d’un guichet unique pour les subventions promis pendant la campagne électorale ? Un sujet technique. L’attribution des subventions de fonctionnement ? Une routine pour laquelle le dialogue n’était plus nécessaire puisque les critères avaient été définis en commun. 

Pour relancer la coconstruction de ces politiques, il fallait donc apparaître comme un interlocuteur crédible, mais aussi repolitiser le soutien à la vie associative. Ce travail était à conduire auprès de la ville, mais aussi au sein du MAR, que l’on avait pris l’habitude de voir comme un lieu d’échange de pratiques plus que comme un mouvement engagé dans la coconstruction. C’est l’annonce du lancement du guichet unique qui a constitué le départ de cette nouvelle dynamique. Le MAR a souhaité montrer que cet outil était porteur d’enjeux pour les associations. A alors débuté un travail mêlant consultation des associations (236 réponses), formalisation d’une position politique et débat avec la ville. Cette démarche a retenu l’attention de l’adjoint à la vie associative. Un dialogue s’est donc ouvert sur le guichet unique, avant de s’élargir. Une commission mixte a ainsi été constituée pour l’attribution des subventions sur projet. En parallèle, le MAR et la ville discutent de la révision des critères d’attribution des subventions de fonctionnement. Un autre dialogue est en cours sur les locaux associatifs.

La coconstruction des dispositifs de soutien à la vie associative est donc possible dès lors que les élus sont ouverts au dialogue et qu’ils trouvent des interlocuteurs associatifs prêts à se mobiliser sur ces questions. Néanmoins, si l’adjoint à la vie associative a accepté d’ouvrir de nouveaux sujets à la coconstruction, les relations entre la ville et les associations restent diverses en fonction des politiques, avec un spectre allant de la coconstruction jusqu’à la reprise en main de certains services par la municipalité. De plus, la réflexion sur les liens entre la collectivité et les citoyens a probablement relégué au second plan la réflexion sur la place des associations dans la cité. D’où l’importance, pour le MAR, de négocier une nouvelle charte des engagements réciproques afin de confirmer que, même s’il n’existe pas « une » politique associative, il peut exister une vision partagée du dialogue entre ville et associations.

Catégories
Co-construction et développement local

Typologies
Cas pratiques & témoignages

Maisons
MAR (Mouvement associatif Rennais / Asso Bug)


Date de publication
15/09/2018

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