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Actualité – Actus du Réseau, Échos des Territoires, Échos du monde associatif

L’édito de septembre

Edito de septembre 2026

C’est la rentrée, elle sera politique… et collective !

C’est une rentrée qui s’annonce chargée avec, notamment, la présentation d’un projet de loi de finances 2027 fin septembre devant une Assemblée toujours privée de majorité, mais aussi des élections sénatoriales qui viendront redessiner les rapports de force quelque mois après les municipales. Et surtout, elle prépare une nouvelle séquence politique qui s’ouvrira dès avril 2027, avec les élections présidentielles et législatives.

Dans ce contexte chargé, une question doit nous mobiliser : comment faire en sorte que les enjeux associatifs trouvent leur place dans le débat qui s’ouvre ?

D’abord, reconnaître le rôle essentiel des associations

Nos associations jouent un rôle irremplaçable face aux transformations sociales, politiques et environnementales de notre société. Depuis des années, elles alertent, expérimentent, proposent et mettent en œuvre des solutions a des besoins concrets rencontrés par les citoyens.
Dans les situations de crise, elles sont présentes au plus près des populations pour organiser la solidarité, maintenir le lien social et renforcer notre résilience collective.

Ce rôle indispensable du monde associatif est aujourd’hui insuffisamment reconnu. Et si on regardait ce que les associations rapportent plutôt que ce qu’elles coûtent ?

De nombreux travaux et démarches cherchent aujourd’hui à mieux mesurer cette contribution. Le projet NOURA, porté par Le Mouvement associatif, la Fonda et le F3E, propose ainsi de travailler avec les associations sur la mesure de leur utilité sociale. De son côté, le RNMA développe, avec le programme MUSA, une démarche visant à mesurer et à qualifier l’utilité sociale de l’accompagnement des associations. D’autres travaux s’intéressent plus largement à la contribution des associations aux dynamiques territoriales, à l’image de ceux conduits par l’Institut français du monde associatif.

Ces démarches ont un point commun : elles invitent à regarder autrement la valeur produite par les associations. Une valeur qui ne se résume ni à leurs budgets, ni au nombre de personnes qu’elles accompagnent, ni aux services qu’elles rendent. Elle réside aussi dans leur capacité à créer du lien, à permettre aux habitants de s’organiser et à construire collectivement des réponses aux enjeux de leur territoire.

Ensuite, faire le constat d’un monde associatif fragilisé

Le monde associatif traverse une fragilisation profonde de son modèle socio-économique. La baisse et l’instabilité des financements publics fragilisent les associations, mais aussi plus largement l’ensemble de l’économie sociale et solidaire. Au point que les organisations de l’ESS se sont abstenues de voter la stratégie nationale de développement de l’ESS en résumant d’une formule prémonitoire : « on ne cultive pas un jardin sans eau ».

Nous avons aujourd’hui besoin de documenter cette situation inédite et c’est précisément l’objet de l’enquête nationale que nous lançons avec Le Mouvement associatif, Hexopée et Elisfa. Après une première édition en 2025, il s’agit cette fois d’actualiser les données pour mesurer, dans la durée, l’évolution de la situation et avoir une base d’arguments objectifs pour peser des les débats à venir.

Repartir des territoires

C’est probablement l’un des enjeux majeurs de la séquence politique qui s’ouvre. Le Haut Conseil à la vie associative appelle à « retisser le lien de confiance », notamment en « ancrant le dialogue au niveau local ». Repartir des territoires, c’est repartir de l’échelle où se construisent les projets, où se nouent les solidarités et où les citoyens peuvent concrètement agir. C’est aussi reconnaître pleinement le rôle des petites et moyennes associations. Elles sont souvent le premier espace où l’on s’engage, où l’on apprend à agir collectivement et où l’on débat. Elles constituent, à ce titre, un véritable ciment des territoires et un élément essentiel de notre démocratie.

À l’approche des prochaines échéances électorales, il nous faut faire du fait associatif un sujet du débat politique et réaffirmer qu’une démocratie vivante a besoin de citoyens qui peuvent s’organiser librement, d’associations capables d’agir et de territoires qui permettent cette capacité d’initiative.

En attendant, en septembre, forums, villages associatifs et autres rendez-vous sont autant d’occasions de mobiliser, de valoriser les initiatives locales et de susciter de nouvelles envies d’engagement.