#1 Ministère pour les Assos !

Publiée le 3 juin 2022

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Le Président de la République, Emmanuel Macron, a été reconduit pour un deuxième mandat le soir du dimanche 24 Avril. Conscient que la majorité des voix portées sur sa personne est le fruit d’une volonté républicaine de ne pas porter l’extrême droite au pouvoir, bien plus qu’un vote de confiance, le Chef de l’Etat promettait une « réinvention », « quelque chose de nouveau ». Il soulignait la nécessité d’ouvrir le dialogue largement au-delà de la majorité parlementaire, celle-ci étant soumise à l’échéance électorale de ce mois de juin 2022.

C’est au cours du précédent quinquennat que la vie associative s’est retrouvée dépourvue d’un rattachement ministériel à part entière. Dans un premier temps sans ministère ni secrétariat d’Etat, la vie associative s’est retrouvée avec pour seule représentation gouvernementale un « haut-commissaire ». En cours de mandat, la vie associative s’est finalement retrouvée scindée entre le ministère de l’Economie et l’Education Nationale. Aucune mention n’étant faite de l’Education Populaire, du bénévolat, c’est à peine si les associations étaient citées.

Tout devrait donc changer avec cette « réinvention » de la gouvernance issue d’un contexte électoral plus que particulier un soir d’Avril. Pourtant, quelques semaines plus tard, alors que le Gouvernement Borne était (enfin) nommé, nulle mention n’est faite de notre secteur, aucune place n’est dédiée aux 1,5 millions d’associations, aux 160.000 structures associatives employeuses, aux 13 millions de français bénévoles dans des associations, aux 1,5 millions de salariés associatifs.

Nous nous devons de rappeler, avec force, que les associations créent du vivre ensemble sur les territoires, facilitent la participation citoyenne et l’inclusion et contribuent à l’intérêt général, justement par leurs réponses aux besoins des populations, et particulièrement les plus fragiles d’entre elles.  La force des associations réside dans leur connaissance du terrain, leur capacité à proposer des solutions nouvelles, à être à l’écoute des populations.
Elles sont l’école du civisme et de la République.

Rappelons qu’en temps de crise, crise sanitaire et conflit en Ukraine notamment, les pouvoirs publics à toutes les échelles, n’hésitent pas à s’appuyer largement sur les associations pour aider la population en complément du travail des institutions. Leur dévouement, leurs actions indéfectibles,  méritent bien un peu de considération et de visibilité !

Rappelons par ailleurs qu’année après année, la confiance des français envers le personnel politique, la presse, les institutions ne cesse de baisser alors que la confiance placée dans les associations demeure bien plus élevée ! Lors d’une réinvention du dialogue démocratique censé revigorer nos institutions et la confiance des citoyens envers notre République, nous ne pouvons qu’être étonnés de constater cette invisibilisation de nos associations au sein du gouvernement.

Il est temps que le Président de la République, que notre gouvernement et que nos parlementaires prennent conscience du poids de nos associations dans le pays ! Ce n’est pas seulement 113 milliards d’euros de budget annuel, ce n’est pas uniquement 3,3% du PIB de la France, c’est avant tout un lien social quotidien pour les personnes isolées, des solutions pour les plus démunis, un médiateur dans l’ensemble de nos territoires, une garantie d’activités et de services accessibles à tous, une solidarité sans faille pour nos concitoyens. Bref, un maillon essentiel pour le bon fonctionnement de notre pays, qui n’a pas hésité à prendre le relais de l’action publique quand celle-ci s’est retrouvée en difficulté sous l’effet des coupes budgétaires successives.

  1. Nous invitons nos dirigeants à revoir leur copie pour qu’apparaisse la vie associative dans nos institutions, avec un.e ministre de plein exercice dédié.e aux associations. 
  2. Nous invitons les associations, dans toute leur richesse et leur diversité, à interpeller les représentants politiques pour faire bouger les lignes. 
  3. Nous invitons les candidats à l’élection législative à intégrer dans leur programme d’action parlementaire l’écriture d’une loi à destination des associations afin que notre secteur soit reconnu à la hauteur qu’il mérite.
 
Pour le Conseil d’Administration collégial du RNMA,
Loreline VIDAL, administratrice

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